97 - DÉCEMBRE 2016

prix de beaucoup d efforts pour elle : nous l avons énormément stimulée. Nous étions heureux de savoir qu elle ne serait pas condamnée à se déplacer en fauteuil toute sa vie. J ai toujours eu peur de tomber, marcher sans me tenir me demande encore aujourd hui des efforts, mais je remercie mes pa- rents de m avoir autant poussée, car aujourd hui, même si je marche avec des cannes simples et me déplace en fauteuil pour les longues distances, je suis très autonome.

La multifocale : une étape difficile

Cependant, les jambes d Eléonore se sont rapidement déformées et il fal- lait absolument intervenir pour lui per- mettre d avoir des appuis stables. Sur les conseils de son médecin orthopé- diste, nous nous sommes rendus à Paris, chez le professeur PINÇOT, pour poser un diagnostic. L opération était inéluctable. Eléonore a dû subir de nombreux tests, sur piste de marche, - un examen qui permet de voir l activi- té musculaire afin de savoir sur quels muscles, tendons et os, il faut interve- nir. Cette période a sans nul doute été la plus difficile pour Eléonore, qui a dû quitter Montpellier, ses amis et l école pour subir une opération très lourde à seulement 9 ans. La prise de décision pour cette inter- vention à l hôpital Robert Debré de Pa- ris a été une épreuve. Mais, le plus dur fut la longue année de rééducation pour apprendre à marcher à nouveau. J ai dû passer six mois à Paris, loin de ma famille et de mes amis. Certaines des séances de kiné était une véritable tor- ture, mais on m avait prévenue : le suc- cès de l opération dépendait de moi. Motivée, j ai tout fait pour remarcher le plus rapidement possible et surtout du mieux que je pouvais. Le retour à l école fut également diffi- cile. Je venais de passer l année la plus horrible de ma vie. Refusant de perdre une année, c est avec ma ma- man que j ai étudié tout le programme de l année pendant les vacances d été. Autant dire que ce n était pas des va- cances, mais j étais fière d être parve- nue à rattraper mon retard.

L adolescence, toute une histoire ! Période difficile pour tous, l adoles- cence n est pas un long fleuve tran- quille. Pour notre fille, ce fut, comme pour la majorité des adolescents, un moment de rébellion et de découvertes. Au lycée, je voulais réussir à gagner mon indépendance et m éloigner du cocon familial, rien d exceptionnel en soit. A la différence près que je devais prouver à ma famille que j étais capable d avoir la même vie que les autres. Prendre le bus, me balader en ville entre amis ou avoir un petit ami était un défi. Aujourd hui, je crois que je peux dire que je l ai relevé haut la main ! Peu à peu, nous sommes parvenus à lâcher du lest. C est toujours difficile de ne pas surprotéger ses enfants, sur- tout quand ils ont des difficultés. Mais quand ils nous le demandent, et qu ils sont suffisamment matures pour ne pas se mettre en danger, c est une dé- marche qui leur permet de se découvrir et de grandir.

De brillantes études supérieures Au sortir d un baccalauréat en section Economique et Sociale, obtenu avec Mention Très Bien, notre fille s est orientée vers de brillantes études. Pour commencer, elle a suivie une Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles de l Ecole Normale Supérieure de Cachan dans le domaine de l économie et du

droit, au lycée Jean Mermoz et à la Fa- culté de Droit de Montpellier. Une for- mation intense et exigeante qui était pour elle un véritable défi, à la hauteur de ses capacités. J ai toujours voulu faire des études. Mon IMC n a touché que mes membres inférieurs et a lais- sé intact mon intellect, alors autant en profiter ! Je n ai jamais choisi la facilité, je n avais aucune raison de commen- cer. Ces deux années furent particu- lièrement difficiles. Le rythme était très soutenu, la pression forte, et malgré de