60 - DÉCEMBRE 2016

Seuls au monde, voici le ressenti de la famille de Joséphine à ce moment-là. Paméla était entrée en gendarmerie si jeune et elle voyait en la Gendarmerie une grande famille. Elle croyait que sa fille, la chair de sa chair, le sang de son sang serait peut-être un peu épargnée dans une caserne. Eh bien, elle se trompait lourdement. Quelle déception pour elle.

Il a fallu expliquer à la sœur de José- phine alors âgée de quatre ans pour- quoi certains enfants n avaient plus le droit de jouer avec elle, expliquer ce que voulait dire handicapé entendu dans la cour, expliquer pourquoi les parents pleuraient alors que la plus âgée des filles trouvait juste magnifique ce petit bébé tout juste arrivé à la maison. Expli- quer pourquoi papa n allait pas bien, et pourquoi lui et maman n arrivait plus à rien. Même plus à se parler.

Remise en question totale

De longues heures de réflexion, des nuits d insomnie. Qu avions nous fait pour mériter çà ? se demande Paméla. Puis les soins, les rendez-vous, les pa- piers administratifs, les dossiers, les demandes s enchaînent à un rythme fou. Papa est obligé de prendre un congé parental, maman de revoir ses priorités

Et puis une première année, puis une seconde... Et maintenant lorsque l on demande à Paméla ce que Joséphine a

changé dans sa vie, elle répond tout. Tout, oui, mais tout en bien.

Parce que les personnes qu ils étaient avant, ne sont plus là, elles n existent plus.

Parce que grâce à Joséphine, certaines personnes sont venues à leur rencontre, les ont aidés, les ont soutenus, et ont même trouvé un poste plus sédentaire à maman. Parce qu elle a vu dans les yeux de ces gens, non pas de la pitié mais de la solidarité, le don de soi.

Paméla nous confie : J ai passé 32 ans à penser que toute ma vie était parfaite. Bien sûr, comme tout le monde, lorsque je voyais la misère d un enfant, la ma- ladie ou la souffrance, celles-ci m attei- gnaient un quart de seconde ?

Les difficultés financières liées au handicap sont lourdes à assumer.

Joséphine est maintenant une jolie petite fille de presque deux ans qui comble les siens. Mais les difficultés financières liées à son handicap et ses particularités sont lourdes à assumer. Et après avoir réduit à néant les écono- mies de toute leur vie, les parents de Joséphine sont dans l impasse. La mère de famille avoue : Bien sûr, il n est pas simple d accepter d avoir besoin d aide, mais malheureusement, c est le cas aujourd hui, nous avons be- soin d aide et c est toi Michel, qui est venu nous parler de l association Gen- darmes de Cœur et qui va nous aider à rebondir dans ces moments difficiles. Les différents examens sanguins régu- liers de Joséphine montrent une ané- mie soignée par un médicament non remboursé par la sécurité sociale. Pour cette pathologie, il existe un médica- ment générique remboursé mais José- phine ne le supporte pas et le vomit systématiquement. Coût du traitement : 15 euros par semaine.

Les parents de Joséphine font venir d Espagne une molécule qui améliore les capacités de mémoire et d évolution de la trisomie non disponible en France car non testée sur les nourrissons et