46 - DÉCEMBRE 2016

son papa quand il le désire. Isabelle transmet ainsi les messages de Sa- muel à son papa tous les deux jours. Puis, un jour, Samuel rit dans l'appareil et Robert ouvre grand les yeux. La jeune femme repasse la bande une nouvelle fois; même réaction. Elle sait alors que Robert l'entend et elle va lui parler tous les jours de 15 heures à 21 heures.

ROBERT REPASSERA HUIT FOIS AU BLOC

A son réveil, après que l'équipe médi- cale eut traité la méningite et la ventri- culite, on lui pose une valve de dériva- tion péritonéale. Le LCR va s évacuer par le péritoine. Mais, elle se bouche et il doit repasser à nouveau au bloc. Il repassera huit fois au bloc durant son séjour à la clinique. En juillet, Robert est transféré au centre de rééducation de VERDAICH dans les Pyrénées. Il ne se tient pas assis, il a une diplopie*, une paralysie locomotrice et il ne déglu- tit pas bien. Il est très diminué.

Isabelle emmène son fils Samuel avec elle pour accueillir son mari au centre. Le jeune garçon a besoin de voir son papa et d'être rassuré avant de partir en vacances dans la famille de sa mère.

UN SEJOUR EN CENTRE DE READAPTATION ECOURTE

Lors de leur rencontre avec le médecin du centre, cette der- nière ne comprend pas pour- quoi Robert a été envoyé dans les Pyrénées alors qu'il y a un centre de rééducation sur Albi. Elle propose à Isabelle de faire immédiatement un dossier de demande pour que Robert y soit accepté dès que possible. Malheureusement, l'état de Robert s aggrave. Il ne sera resté qu'une semaine dans les Pyrénées. Durant cette semaine, Isabelle a été logée à l'escadron de gendar- merie de Pamiers où elle a eu un accueil très agréable.

RETOUR A TOULOUSE

Robert s'enfonce à nouveau. Le qua- trième ventricule est souffrant. Le neu- rochirurgien prévoit de lui poser une

deuxième valve, reliée à la première ; au quatrième ventri- cule. Il restera à nouveau en réanimation où les complica- tions vont s'enchaîner. Il fera un deuxième coma à cause d'une pneumopathie. Les mé- decins ont donné l'ordre de sortir Robert de réanimation pour le transférer en soins de suite sans aspiration alors que son épouse avait passé tout l'après-midi à aspirer ses glaires marrons et qu'il ne pouvait pas déglutir. Isabelle avait prévenu l'infirmière et le médecin. Elle savait qu'ils al- laient l'appeler dans quelques heures s'ils persistaient dans leur décision et elle avait dit à l'infirmière qu'elle pouvait lui préparer un autre box. Le mé- decin a appelé Isabelle à sept heures du matin. Robert était dans le coma et intubé. Il sera à nouveau trachéotomisé puis

gastrostomisé. Il a été placé en congé longue durée le 6 octobre 2012 alors qu'il était encore en réanimation.

DE LOURDES SEQUELLES SONT A DEPLORER

Courant octobre 2012, Robert est transféré au centre de réadaptation d'Albi. Il y restera jusqu'au 5 juillet 2013. Robert est tétraparestésique*; il a un syndrome cérébelleux sévère ; il a une paralysie des paires crâniennes et donc une paralysie de toute la face. Il a une paralysie du muscle oculomoteur, un strabisme des deux yeux et une forte diplopie ; il n'a plus d'accommodation visuelle ; il est bradypsychique*.

En janvier 2013, Isabelle qui avait re- pris son activité professionnelle quitte son travail pour s'occuper de son mari.

En mars 2013, l'équipe médicale va sevrer Robert et lui enlever la gastroto- mie. A sa sortie Robert pourra manger du mixé. Quand il rentre enfin à la maison, il ne se tient pas assis seul, il a toujours sa paralysie faciale même s'il y a du mieux et qu'il peut exprimer ses besoins. Il souffre d'un trouble dyséxécutif*, il n'a plus de commande de ses membres. Il n'a pas la capacité d'initiative et ne peut pas commander son corps. Sa mé- moire de travail est atteinte. Au centre, l'ergothérapeute en vue de sa réadap-

*La diplopie est la perception simultanée de deux

images d un simple objet qui peuvent se déplacer

horizontalement, verticalement ou en diagonale.]