dolphe et Ma-No ont été convoqués au CHU de Nantes dernièrement et rien de précis ne se dessine, le CHU de Nantes semble désarmé face à ces rechutes et s en remet à présent à l Institut Cu- rie de PARIS où Alexane va devoir se rendre avec ses parents. Ils attendent la convocation et dans cette attente, une nouvelle chimio sera mise en place. La fin de l année scolaire et le début de l été ont été très difficiles pour Alexane. Elle a grandi. Elle aura onze ans début novembre. Cette enfant qui fait montre d un courage exceptionnel, n appré- hende plus la maladie comme elle le faisait lorsqu elle avait trois ans, ou même sept ans. Tout est différent à présent. La jeune adoles- cente a eu une période où plus rien ne lui faisait plaisir, où elle ne suppor- tait plus qu on la touche, ou que son petit frère la taquine. Elle semblait re- pliée sur elle-même, elle n arrivait plus à manger, elle a d ailleurs beau- coup maigri. En juillet, elle ne pesait plus que vingt-trois kilos. La me- nace d une repose de gastrostomie dont elle ne voulait pas, planait à nouveau sur elle. Mais depuis début août ça semble s améliorer.

Vive la rentrée des classes

Ceci dit, malgré ses gros ennuis de san- té, Alexane a quand même pu faire sa rentrée au collège en classe de sixième comme tous les enfants de son âge. Elle était toute joyeuse en retrouvant ses amis. Les grands-parents étaient très heureux de l apprendre. C est bien qu elle ait pu faire cette rentrée, même si elle sera, inévitablement, amenée à manquer certains jours par la suite. Il

faudra bien enrayer ce fichu cancer et une nouvelle intervention chirurgicale sera sans doute nécessaire alors que son corps n est que cicatrices et plaies. Mais l avenir pour cette famille reste une grande inconnue même s ils ont tous envie d être optimistes. Quand ce cauchemar va-t-il s arrêter ?

Que le chemin est dur pour

demander de l aide

Marie a découvert notre association à laquelle elle s est empressée d adhé- rer. En découvrant les aides que celle- ci apporte aux familles de gendarmes, elle en a parlé à son fils. Ce dernier lui a confié qu il connaissait déjà notre exis- tence. Elle lui a, alors, suggéré de nous demander de l aide pour les épauler et leur permettre de faire face aux frais en- traînés par la maladie d Alexane. Cette situation perdure depuis maintenant huit ans. Bien entendu, ils perçoivent à chaque fois une allocation par la MDPH, mais cette administration met beaucoup trop de temps pour allouer une allocation. Avec le seul salaire de Rodolphe, ils ne peuvent pas faire d ex- tras. Lorsque c est possible, ils vont au cinéma pour faire plaisir à Alexane. En

revanche, ils ne s accordent aucun ex- tra tel que restaurant et encore moins de vacances, alors que cela leur ferait le plus grand bien de se couper de ce contexte de maladie et d hôpitaux.

Mais ils n en ont pas les moyens et si Alexane est amenée à se rendre à l Institut Curie à plusieurs reprises, le problème financier va encore se poser. Bien que Marie et Jean-Louis soient prêts à les aider s il le fallait, il faut savoir qu ils ont aussi une fille et 2 autres petites-filles. Malheureusement,

en période scolaire, ils ne peuvent pas seconder Rodolphe et Ma-No car leur appartement de fonction ne compte que trois chambres, il n y a donc pas suffisamment de place pour les héber- ger. Ils ne sont présents physiquement que si c est absolument nécessaire et uniquement quand Rodolphe et sa fa- mille séjournent dans leur maison dans le sud du Morbihan.

C est pour cette raison que Ma-No a été obligée de faire appel à une garde d en- fants depuis le début de l année et de mettre Amaury à la crèche. Cela occa- sionne des frais supplémentaires à la

famille.

Bien que leur maison du Morbihan soit une charge, il est heureux qu ils l aient. Cela leur permet de s éva- der un peu et c est très important pour leur équi- libre. Rodolphe et son épouse ne se plaignent ja- mais, leurs parents se de- mandent comment ils font pour endurer et supporter cette épreuve.

Marie nous confie : «J ai parlé hier avec mon fils et lui ai demandé de vous contacter, mais face à son hésitation, je lui ai deman- dé s il préférait que je le fasse, il m a répondu par

l affirmative. Je ne sais pas pourquoi, mais ils hésitent l un comme l autre à faire appel aux associations de ma- lades ou autres, sans doute par pudeur, par timidité aussi peut-être, bien que je ne trouve pas que mon fils soit timide, ou alors par douleur, pour ne pas avoir à raconter tout ce que je viens de vous dire et je le comprends car de me re- mémorer toute cette histoire sans fin, emplit mes yeux de larmes».

Article : Marie CABON.

28 - DÉCEMBRE 2016