
1 HISTORIQUE
L’accord établissant une coopération technique dans le domaine de la défense entre le gouvernement de la république française et le gouvernement national provisoire du Cambodge est signé le 6 juillet 1993 par monsieur François LEOTARD, ministre de la défense et monsieur SIRIVUDDH ministre cambodgien des affaires étrangères.
En novembre de la même année est créée la mission d’assistance militaire (MAM), rebaptisée depuis son rattachement au ministère des affaires étrangères mission de coopération militaire et de défense (MCMD).
En février 1994, un accord technique est conclu. Il précise l’objectif de la coopération qui est de participer à la réorganisation et à la formation des forces armées cambodgiennes.
Pour la gendarmerie, il s’agit selon les vœux exprimés par les plus hautes autorités du pays et en particulier par le roi NORODOM SIHANOUK de créer la « petite sœur » de la gendarmerie nationale française, institution dont le monarque avait pu apprécier l’efficacité et l’utilité. Créée le 14 juillet 1993, la Gendarmerie Royale Khmère est constituée de toutes pièces à partir d’effectifs prélevés sur ceux des Forces Armées Royales Khmères.
Un an plus tard, en juillet 1994, la gendarmerie royale khmère se voit attribuer le site de KAMBOL pour y implanter son école de formation. Très rapidement les stages vont s’y succéder, la formation des personnels constituant un des volets majeurs de la coopération.
S’agissant de l’organisation de la G.R.K, deux chantiers sont rapidement mis en route :
le 1er concerne l’implantation d’unités territoriales.
le second concerne
l’organisation de l’état-major.

Dans son article 4, le sous décret n°77 portant organisation générale et attributions de la GRK dispose que celle-ci a pour missions :
a) d’assurer
les activités de la police administrative :
- Maintenir
la sécurité et l'ordre public général,
- Faire assurer
le respect de la loi et de tous les règlements,
- Renseigner
et porter secours aux citoyens.
Dans ce cadre,
la Gendarmerie Royale agit selon les instructions des Co-Ministres de l'Intérieur
et des autorités administratives compétentes
b) d’assurer
les activités de la police judiciaire :
- Constater
les crimes et les délits,
- Etablir
les procès verbaux d'infraction,
- Rassembler
les preuves,
- Rechercher
et interpeller les délinquants pour les déférer devant
les autorités judiciaires,
- Exécuter
les délégations des juges d'instruction.
Dans ce cadre,
la Gendarmerie Royale agit selon les instructions du Ministre de la Justice
et des autorités judiciaires compétentes
Dans ce domaine de la police judiciaire, il convient par ailleurs de noter que l’article 10 précise que la gendarmerie territoriale est mise en œuvre sur toute l'étendue du Royaume du Cambodge et que sa compétence s'exerce sur tous les citoyens civils et militaires.
c) d’accomplir
des missions à caractère spécifiquement militaire
:
- Maintenir
la sécurité et rendre les honneurs au profit des institutions
gouvernementales et des autorités suprêmes du Royaume du Cambodge
;
- Protéger
les installations militaires ;
- Exécuter
les missions de police militaire à l'intérieur et à
l'extérieur des installations militaires.
Dans ce cadre,
la Gendarmerie Royale agit selon les instructions des Co-Ministres de la
Défense Nationale, du chef de l’état-major général
des Forces Armées Royales Khmères et des autorités
militaires compétentes
L’article
12 ajoute que la prévôté militaire est l'une des composantes
de la Gendarmerie Royale, qui agit en liaison directe avec les trois autres
armées des Forces Armées Royales Khmères. Elle exécute
ses missions sous l'autorité définie à l'alinéa
« c » de l'article 4 du présent sous-décret.
d) de prêter
son concours aux autres ministères qui en font la demande

3 ORGANISATION
La GRK regroupe un peu plus de 7000 militaires ; elle est placée sous les ordres d’un lieutenant-général (actuellement le lieutenant-général SAO SOKHA) ; l’état-major est situé à Phnom-Penh.
Elle est organisée
en unités territoriales
Initialement,
il était effectivement envisagé une implantation d’unités
sur le modèle français avec 3 niveaux : commune (brigade),
district (compagnie), province (groupement). Une expérimentation
est lancée dans deux provinces pilotes : Takéo et Kompong-Speu.
Elle sera abandonnée en 1998, année au cours de laquelle
un nouveau projet plus adapté à la réalité
cambodgienne est adopté, avec une implantation aux seuls niveaux
des provinces et districts ou arrondissements.
Depuis 1993,
24 commandements ont été créés au niveau des
20 provinces du royaume et dans les villes de Phnom Penh, Païlin,
Sihanoukville et Kep.