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Chers amis gendarmes, quelque soit votre statut ou votre rang dans la hiérarchie,
Chers amis personnels civils de la défense,
BONNE FÊTE DE STE GENEVIEVE
D'ici quelques mois la gendarmerie sera rattachée, organiquement, au ministère de
l'intérieur. Ce qui implique un rapprochement avec nos frères policiers. Un certain
nombre parmi vous s'inquiète de ce rapprochement et de ses conséquences. Je
comprends vos inquiétudes et je les confie à votre sainte patronne, Geneviève. Je
vous invite toutefois à rester optimistes, à ne pas céder à la morosité. Vous faites un
travail formidable et je ne vois pas pourquoi cela ne continuerai pas. Comme l'a dit
un des commandant de Cie dans son discours au vin d'honneur de la Sainte
Geneviève, je vous dis N'AYEZ PAS PEUR.
Ce rapprochement me donne l'occasion de vous parler du Saint Patron des policiers, Saint Martin, que l'association « Police et humanisme » regroupant les policiers chrétiens, a fêté, le 16 novembre à Quimper, en l'église d'Ergué
Armel. J'espère que vous serez rassurés d'apprendre qu'il fût, avant d'être évêque de Tours, militaire dans l'armée
Romaine et plus particulièrement « Circitore ». Un circitore, c'était un officier qui était chargé de mener des rondes
de nuit, d'inspecter les postes de garde, et de faire la surveillance de nuit de la garnison. Je suis persuadé qu'il va
vous prendre sous sa protection et qu'il veillera à ce que vous soyez bien traités. C'est la prière que je lui adresse.
Saint Martin avait une qualité que tout militaire qui exerce une responsabilité de commandement devrait avoir. Il
aurait d'ailleurs fait un très bon Saint Patron de la gendarmerie. Il était très fraternel avec ses subordonnés,
notamment avec les plus petits comme l'esclave qui le servait. Il avait de la considération pour tous ceux qui
servaient sous ses ordres, pour tous ses subordonnés.
Qui d'entre-vous n'est pas le subordonné d'un autre ? Qui d'entre-vous ne souhaite pas être considéré par son chef ?
Peu sont ceux qui sont insensibles à ce besoin de considération que nous ressentons tous. C'est tout simplement
parce que nous avons besoin d'exister aux yeux des autres ; nous avons besoin d'exister aux yeux de ceux qui nous
commandent.
Ce que je vous dis là n'est pas innocent. J'ai connu dans ma longue carrière militaire, 40 ans de service, des chefs
qui n'avaient aucune considération pour leurs subordonnés ; qui ne s'intéressaient qu'à leur travail, à la bonne
exécution des ordres qu'il leur donnait, ignorant totalement leur personne. J'ai rencontré de tels chefs au sein de la
gendarmerie, depuis que j'y sers comme aumônier, pas beaucoup fort heureusement, mais cela existait et existe
certainement encore. J'ai connu des commandants d'unité, lorsqu'ils visitaient les brigades, qui ne portaient
attention qu'aux commandants de brigade, ignorant totalement les subordonnés qui se trouvaient pourtant présent
au moment de leur visite ; qui passaient au milieu d'eux sans les regarder, sans prendre le temps de leur dire
bonjour, de leur serrer la main. Eh bien, ces subordonnés, ils avaient vraiment l'impression de ne pas exister pour
ces chefs qui exigeait d'eux dévouement, loyauté et résultats. J'ai connu un commandant dont l'unité se trouvait à
quelque centaines de mètres d'un hôpital où l'un de ses subordonnés avait été hospitalisé pendant plusieurs
semaines et qui n'avait pas trouvé ne serait-ce qu'un quart d'heure pour aller le visiter. Ce chef s'étonnait ensuite,
lorsqu'il organisait des rencontres de cohésion, de ne pas arriver à rassembler ses hommes. Il n'y avait rien
d'étonnant. Et pourtant, ce chef était un très bon spécialiste.
J'encourage donc tous ceux qui exercent un commandement sur notre groupement ou dans les autres unités que je
dessers, à agir dans un esprit de fraternité, à être fraternel avec leurs subordonnés, comme j'invite tous les
subordonnés à agir dans ce même esprit de fraternité, à être fraternel entre eux. Être fraternel c'est avoir de la
considération pour tous ceux qui servent avec nous, en étant bienveillant à leur égard ; bienveillance qui se
manifeste par l'accueil qu'on leur réserve, l'amabilité, la cordialité ou la sympathie qu'on leur manifeste dans les
relations que nous entretenons avec eux.
N'oubliez pas que « la Fraternité » fait partie de la devise inscrite sur le drapeau sous lequel vous servez. Fraternité
dont vous êtes les garants, comme vous l'êtes de la liberté et de l'égalité. La Fraternité c'est aussi le ciment de la
cohésion qui fait la force du corps dans lequel vous avez l'honneur de servir. Sans fraternité il n'y a pas de paix
possible. Vous qui êtes des soldats de la paix intérieure, qui avez pour mission de rétablir la paix partout où le
désordre la menace, vous vous devez de travailler à la paix à l'intérieur de vos unité, à la paix entre vous, à la paix
dont la fraternité est l'essence.
Je terminerai ce courrier en ayant une pensée toute particulière pour vos frères d'arme
décédés depuis notre dernière fête de Sainte Geneviève ou ceux d'entre-vous qui ont
perdu un être cher. Je confie tous ces êtres qui vous manque, à Dieu et les place sous la
protection de la Bienheureuse Vierge Marie, de Sainte Geneviève et de St Martin. Je
leur confie aussi tous ceux d'entre vous qui traversez des épreuves, qu'elles soient
physiques ou morales. J'en profite pour remercier tous ceux qui ayant pris connaissance
de mes problèmes de santé, ont été bienveillant à mon égard, en me témoignant leur
sympathie par e-mail, par téléphone, verbalement ou en me rendant visite à la clinique.
Par sainte Geneviève, vive la Gendarmerie.
St Martin
Brest, le 6 novembre 2008
Aumônier Pierre JOSSE.
Lettre adressée à toutes les brigades de gendarmerie du Finistère (29)
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