LE DESTIN PROMETTEUR DE FRANÇOIS A ETE BRISE PAR LA MALADIE

Remise de don du 21 décembre 2015 à La Tranche Sur Mer 85

LES GENDARMES DE CŒUR RENDENT HOMMAGE A FRANCOIS TRIQUET 
ET APPORTENT UN SOUTIEN FINANCIER A SA FILLE LYLIA

Voilà un an que François TRIQUET a quitté ce monde en laissant derrière lui une adorable petite fille âgée de quatre ans, prénommée Lylia. Aujourd'hui, lundi 21 décembre 2015, Michel SCAT est venu apporter à cette enfant une aide financière, comme il en avait fait la promesse à François quelques temps avant son décès.

Un grand moment d'émotion

C'est en présence du Lieutenant-Colonel José RAINIERI, Commandant en second le GGD 85, représentant le Lieutenant-Colonel Marc PAYRAR, commandant le Groupement de Gendarmerie de Vendée, du Chef d'Escadron André UNTEREINER, commandant en second la compagnie représentant le Chef d'Escadron Stéphane PRIVAT, commandant la compagnie de Gendarmerie des SABLES D'OLONNES 85, de  l’Adjudant Franck RAGEL, représentant le Lieutenant DARDE Vincent, commandant la COB de LA TRANCHE-SUR-MER 85, de Monsieur LEJEUNE Jean-Jacques, conseiller municipal, représentant le maire de LA TRANCHE-SUR-MER, Monsieur Serge KUBRYK , de plusieurs militaires de la COB de LA TRANCHE-SUR-MER, représentants les brigades de LA TRANCHE-SUR-MER, MOUTIERS LES MAUXFAITS et TALMONT SAINT-HILAIRE et d'un représentant Ouest-France, la presse locale que le Président des Gendarmes de Cœur a  présenté son association, il  a ensuite  rappelé que personne n'était à l'abri de la maladie ou d'un accident, qu'il était important de soutenir les camarades en situation difficile ou de prendre soin de leurs familles s'ils ne sont plus là pour le faire eux-mêmes.
Ainsi, il a invité les militaires présents à adhérer à l'association pour qu'il puisse poursuivre ses actions.
Michel SCAT a remis un chèque de 3000 € à Lylia, accompagnée de ses grands-parents paternels.
Le Lieutenant-Colonel José RAINIERI a déclaré : "C'est un moment de recueillement et de mémoire que nous permet aujourd'hui Gendarmes de Cœur. Nous savons combien cette association se démène pour les enfants ou les camarades touchés par un accident de service ou par un drame personnel. C'est dans ces occasions que la solidarité parle et concrétise"
Pour sa part, Joël TRIQUET, père de François, déclarait : "En mémoire de François et au bénéfice de Lylia, mes remerciements vont à l'association présidée par Michel SCAT. C'est dans ces moments qu'on mesure ce qu'est une grande famille comme la gendarmerie car nul n'est à l'abri d'un tel drame"

L'assemblée s'est ensuite rendue au cimetière paysager de LA TRANCHE SUR MER déposer une gerbe et se recueillir sur le tombe de François.

Comme le veut la tradition, ce moment de cohésion s’est prolongée par un pot de l'amitié offert par l'association
La petite Lylia a conclu à sa façon cette cérémonie en disant simplement: "Merci pour mon papa"

Article Laurence SCAT


Reportage photos

Photos Laurence Scat

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Presse


 

Le Gendarme François TRIQUET a quitté ce monde l’année de ses 32 ans après avoir lutté durant sept ans contre un cancer avec courage, bravoure et humour, tout en continuant à servir son pays au sein de la Brigade de LA TRANCHE SUR MER -85-

Motivé par une conviction sans faille

François Triquet est fils de Gendarme. Par sa soif de justice comme il le dit, il s’engage en Gendarmerie en 2001 en qualité de Gendarme Adjoint Volontaire. Il sera dès ses premiers pas, animé d’une conviction sans faille et sera exemplaire dans son travail. Et déjà un camarade toujours enclin à l’humour et la bonne humeur. Il laissera à tous ses collègues un souvenir impérissable. Passionné par son métier il intègre l’école des sous-officiers de CHAUMONT en septembre 2005. Il termine 11ème de sa promotion et choisit la région Pays de La Loire. Il est affecté au cours de l’été 2006 à la brigade de LA TRANCHE SUR MER en Vendée. Il est heureux, travaille toujours avec la bonne humeur qui le caractérise mais toujours avec grande qualité et conviction. « Servir et protéger est son acte de foi ». Il est très apprécié de ses chefs et de ses camarades.

Les médecins découvrent un cancer avancé

Mais en septembre 2007, ce destin prometteur est compromis. Un après-midi François est pris de violentes douleurs au ventre et transporté aux urgences de la ROCHE SUR YON -85-. Après plusieurs examens les médecins lui découvrent un cancer avancé. Malgré tout, François a à cœur de continuer à travailler. Il alterne alors les opérations, les séances de chimio et les périodes de travail. Son combat contre la maladie, il le mène avec force et courage. Cette force et ce courage qui le caractérisent si bien. Il reste toujours de bonne humeur et aime la vie. Ce mental de "guerrier" redonne de l’espoir à tous et la maladie est vaincue.
Il reprend le travail à temps complet et sa vie prometteuse reprend. Il rencontre l’amour en 2008.

Un courage à toute épreuve

Lorsque la tempête Xynthia frappe la côte vendéenne, il est un des premiers à intervenir et n’hésite pas une seconde à risquer sa vie pour en sauver d’autres. Il sera pour ça cité à l’ordre du régiment avec palme, décoré de la médaille de la défense nationale échelon or ainsi que de la médaille du courage et dévouement accompagnée d’une lettre du préfet de la Vendée.

Le plus beau jour de sa vie

En 2010 il entame la formation OPJ. Une enfant est à venir mais la maladie revient également. La grossesse se complique. Tout devient compliqué. François est hospitalisé en oncologie à LA ROCHE SUR YON -85- au lieu d’être au stage de préparation à l’examen d’OPJ. Tous ses camarades pensent à lui durant cet examen. Sa conjointe enceinte de 5 mois est hospitalisée à ANGERS -49-. Ils communiquent par webcam. Lylia nait le 02 octobre 2010 grande prématurée. Elle pèse 900 grammes. François ne peut pas se rendre auprès d’elle et de sa maman. Il reçoit des photos de son enfant qui vient de naitre. Son cœur est meurtri d’être si loin d’elles mais sa volonté de vivre est grandissante. Il rencontre sa fille pour la première fois à l’hôpital d'ANGERS. Elle a trois semaines et se bat pour vivre. Il pose Lylia, sa poupée, contre son cœur. Elle lui enserre le pouce. Il sent son petit cœur battre. Il décrira ce moment comme le plus beau de sa vie.
Le courage et la volonté de vivre semblent être héréditaires chez les TRIQUET. Après un dur combat Lylia rentre à la maison pour Noel. François est lui aussi à la maison. Un noël heureux malgré les épreuves.

Courage et volonté de vivre

Toujours animé par sa conviction de servir et protéger son pays, François alterne lourds traitements contre la maladie et reprise de la fonction de Gendarme. Grâce à son courage et à la volonté de vivre qui l’anime, il est celui qui va réconforter ses collègues et ses proches.
Malgré tout la maladie gagne du terrain. En janvier 2014 il subit le plus lourd traitement existant, une chimiothérapie d’intensification avec autogreffe de moelle osseuse. Il a déjà tellement souffert mais accepte de subir une nouvelle fois autant de souffrance pour sa fille. Avant de partir il écrira un poème à sa fille. Il lui dédit son combat pour vivre.
En sortant de cet enfer il fera vœux de ne plus jamais être hospitalisé. Son combat dure depuis sept ans, il est épuisé et ce dernier traitement n’a pas fonctionné.

La reddition

Le 21 mai 2014 il a rendez-vous chez son oncologue. A sa sortie il enverra un message à tous ses proches « Il n’y a plus aucune chance de guérison ». Le médecin le place sous petite chimio pour tenter de retarder les choses. Si cela fonctionne il sera encore là pendant environ 2 ans, sinon il ne lui reste que quelques mois à vivre. En effet de nouvelles sources cancéreuses inopérables ce sont installées près du cœur, du poumon, dans le cou et près des bronches. Le soir même, il organise un repas avec des amis, une fondue savoyarde au cours de laquelle c’est lui qui remonte le moral aux autres. Il les fera rire et plaisantera. Plus tard dans l’intimité, il confiera à ses proches qu’il s’inquiète pour sa fille mais qu’il sait que ses parents seront toujours là pour elle. Ses parents qui ont été présents pour lui et qui l'ont soutenu durant toutes ses épreuves.

Tranches de vie

Le 22 mai 2014 il écrit à sa fille :
"Ma tendre enfant, ne pleure pas si tu m’aimes
Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est que le ciel
Si tu pouvais d’ici entendre le chant des anges et me voir au milieu d’eux
Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche !
Si, un instant, tu pouvais contempler comme moi la beauté devant laquelle toutes les beautés palissent.
Tu m’as vu, tu m’as aimé dans le pays des ombres et tu me reverras, m’aimeras dans le pays des immuables réalités !
Coirs-moi quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînent et, quand un jour, le plus tard possible, ton âme viendra dans ce ciel où l’a précédée la mienne, ce jour-là tu me reverras, tu retrouveras les bras et l’amour de ton papa.
Tu me reverras, transfiguré dans l’extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant d’instant en instant avec toi, dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie.
Essuie tes larmes mon enfant et ne pleure plus si tu m’aimes."

François a consacré ses derniers mois à sa fille. Il a cherché à lui assurer un bel avenir car elle n’aura plus son papa. Il passe le plus de temps possible avec Lylia, lui donnant toutes ses forces pour la faire sourire. Ils jouent du piano ensemble….il chante pour elle….ils jouent ensemble…..ils s’aiment...

"Le seul moment où l’on peut quitter ce monde serein est quand on y a laissé un peu de beauté……j’y ai laissé une merveille, je t’aime ma poupée. "


Même la haut n'oubliez pas mon regard sera toujours porté sur vous!

Magnifique leçon de vie

François a été pour les derniers mois de sa vie entouré de ses nombreux amis qui le soutenaient et de sa famille aimante.
Jusqu’à la fin François a profité de sa fille, il n’a jamais montré ses doutes, ses peurs et sa baisse de moral à ses amis. Il a toujours paru joyeux et combatif. Il refuse de retourner à l’hôpital. Il a quitté ce monde le 26 septembre 2015 et a laissé un vide indescriptible.
François, ce jeune homme dont le destin a été brisé par la maladie restera pour tous ceux qui l’ont connu une école du courage et de la volonté de vivre. Il aura été un papa merveilleux qui a consacré la fin de sa vie à assurer un avenir à son enfant.

"Petite suite de mes écrits" : "Je sens lentement mes forces m’abandonner…mon corps me fait maintenant complètement défaut…mais mon esprit est encore vaillant ! Même si la fin est toute proche, je refuse de partir sans avoir serré une dernière fois mon tendre amour dans mes bras…lui dire une dernière fois à quel point je l’aime, qu’elle a été la seule à donner un réel sens à ma vie…lui expliquer qu’en regardant les étoiles, papa sera là, quelque part, veillant sur elle…mais surtout lui dire à quel point je suis désolé de devoir partir…désolé de ne pas pouvoir en faire plus pour elle..."

 

Article Adjudant LENGRAND Muriel