A propos de Lisa

HANDICAPEE A LA SUITE D'UN ACCIDENT SUR LA ROUTE DES VACANCES

Le 11 juillet 2010, les 3 enfants de la famille MORAGA sont en vacances chez leurs grands-parents à VILLENEUVE SUR LOT (47). Le grand-père, prévoyant, décide de prendre la route tôt le matin, car c’est la fin des vacances et il faut rentrer à CARRY LE ROUET. Ce même jour à 8h40, Stéphane est en train de se préparer pour partir en patrouille, sa femme dans la cuisine finit de préparer leur petit déjeuner. Ils sont contents, leurs enfants seront de retour cet après-midi.

L'appel qui a tout fait basculer

Le téléphone sonne, Stéphane est P.A.M. (Premier A Marcher), il se dit alors que cela n’a pas traîné pour la première intervention.
Il est toutefois surpris d’être appelé sur son téléphone personnel mais bon … ça arrive parfois.
Un adjudant se présente, il est de la brigade D’ASTAFORT(47) et cherche à savoir à qui il a affaire et pour le plus grand malheur de Stéphane, il est le gendre, le père et le beau-père de cinq victimes de la route. Leur voiture a été percutée par un véhicule dont le conducteur s’était assoupi.
On rassure les parents au sujet des enfants, ils sont indemnes. La grand-mère, blessée mais hors de danger, le cas du grand-père est plus incertain.
Cinq cents kilomètres séparent Laurence et Stéphane de leurs enfants. Ils prennent la route dans l’urgence, une seule obsession : récupérer leurs petits.

Un départ dans l'urgence

Stéphane prévient son C.B.A. (Commandant de Brigade Adjoint), et prend la route mais il stoppe net au bout de 30 km, il se sent faillir, les nouvelles arrivent, les enfants ne sont pas si indemnes que ça.
Les filles ont été transférées sur Bordeaux, Lisa la plus petite est dans le coma, un hélicoptère est indispensable, Marion souffre des cervicales, son cas est aussi inquiétant. Seul leur garçon semble réellement indemne.
Les parents ressentent l’urgence de se rendre au plus vite auprès de leurs enfants. Le Capitaine TURELLIER et l’Adjudant PLANTADE de la Brigade de Recherche D’ISTRES(13) viennent rapidement à leur secours. Etant très proches de cette compagnie, Stéphane et Laurence les y retrouvent. Ces deux militaires ont remué  ciel et terre pour les aider. L'un d'eux, essaie de leur trouver un moyen aérien tandis que l’autre est à la recherche d'informations.
Finalement le couple trouve un vol civil et confie sa voiture aux collègues de Stéphane qui se chargent de les conduire à l’aéroport.  Arrivés à Bordeaux, ils attendirent de longues heures avant d’avoir des nouvelles de leurs filles.

En plein désarroi, une main secourable leur a été tendue

Lisa est placée dans le coma, son pronostic vital est alors engagé. Marion est immobilisée, une vilaine fracture évolutive aux cervicales C1 et C2 doit à tout prix être stoppée.
Nous sommes le 11 juillet 2010 et les vies de Stéphane et Laurence basculent.
Le père de famille est perdu dans cet hôpital inconnu. Un adjudant est dans les parages, Stéphane pense alors que c’est celui qui est intervenu sur l’accident. Mais il fait erreur, ce gendarme ignore tout de sa situation pourtant il lui offre aussitôt son aide.  Stéphane ne le sait pas encore, mais à ce moment-là,  il vient de se faire un ami ou plutôt deux amis car l’adjudant GARCIA a également son épouse dans l’arme.
Le foyer du couple GARCIA situé Caserne BATTESTI à proximité de BORDEAUX va devenir le refuge de Stéphane et Laurence.  
Paul et Nicole avant d’être leurs amis seront leurs anges gardiens durant toute l’hospitalisation de leurs enfants.
Après des heures d’angoisse  et une opération dans l’urgence pour Lisa, la situation s’améliore.
Plus aucune vie n’est en danger. Les parents peuvent enfin prendre la route pour Agen pour y voir Lucas. Il sera lui aussi opéré, une partie de son intestin ayant éclaté. Les grands-parents polytraumatisés sont eux aussi hors de danger, mais ils sont cassés de partout.
Nous sommes le 12 juillet 2010 et la situation semble s’améliorer.
Paul, à l’époque à la B.T. de BORDEAUX (33) et Nicole affectée au B.O.E.C. de la Région Aquitaine ont réussi à les loger. Ils sont aidés par le Lieutenant- Colonel WEISS, Commandant du B.O.E.C., du Major AKA, du mess de la caserne BATTESTI et de Françoise FERRADA employée civile du mess. Sans oublier l’assistante sociale, Mademoiselle NOGUE. "Je sais que derrière toutes ces personnes d’autres ont œuvré, je ne sais pas leur nom mais en ces heures difficiles j’ai été fier et soulagé d’appartenir à la gendarmerie." Nous confie Stéphane.

Lisa sort enfin du coma

14 juillet 2010, ce jour de fête doit être celui de la sortie de coma de Lisa. Enfin réveillée, la petite se met à parler, elle se débat, intubée elle se demande ce qui lui arrive. Ses parents sont soulagés elle n’a pas changé. Cependant ils se rendent compte que ses jambes ne bougent pas. Les examens le confirment, il y a une fracture osseuse en L1 L2, une blessure médullaire en D9-D11.
Les médecins pessimistes doutent qu’elle puisse remarcher. Le cursus qui suit est classique. Après quelques jours à BORDEAUX retour dans le sud, Hôpital Nord puis centre de rééducation à HYERES(83).
Nous sommes le 2 décembre 2010, Lisa quitte le centre de rééducation. Elle rentre à CARRY LE ROUET et ses jambes n’ont toujours pas bougé. Elle reprend l'école qui s’adaptera pour l’accueillir dans de bonnes conditions.
La famille MORAGA  occupe ce logement depuis 2009. Curieux hasard, cet appartement avait été envisagé pour accueillir Mélissa MEY…
Les parents aménagent ce qu'ils peuvent avec les moyens dont ils disposent. Comme tous parents, ils veulent le meilleur pour leur fille mais le meilleur à un coût. Ils ont créé une association pour récolter des fonds. Ils parviennent tant bien que mal à équiper la maison, ils pensent alors que ce besoin est provisoire. Stéphane et Laurence sont confiants et ils sont certains que Lisa va récupérer l'usage de ses jambes et ils n’imaginent pas que les aménagements doivent s’installer dans la durée. Les médecins ne sont plus aussi affirmatifs quant à l’issue de la blessure médullaire de Lisa. Leur espoir s’en retrouve alors renforcé.

L'espoir est intact

Septembre 2012, la vie a repris son cours. Paraplégique mais dynamique Lisa a beaucoup d’activité.  Elle a acquis une grande autonomie, elle se sonde seule, travaille bien à l’école, fait de la natation et de la danse en fauteuil.
Son état de santé n’évolue pas, l'espoir de ses parents est intact mais maintenant ils sont sûrs que son combat va s’inscrire dans la durée.
Entretenir l’espoir mais garantir l’avenir voilà le dilemme auquel ils sont confrontés.
Maintenant, avec du recul ils comprennent mieux pourquoi Mélissa n’a pu habiter dans leur appartement. La salle de bain est inadaptée, la chambre des filles trop petite pour circuler en fauteuil. "On aurait pu se résoudre à se faire muter pour être affectés avec un logement plus adapté mais après y avoir mûrement réfléchi, nous nous sommes rendus compte que pour Lisa il fallait rester ici" nous précise Stéphane.
Lisa a ses amis, son kiné, sa psy à proximité. Une piscine et une école de danse ouvertes aux paraplégiques à MARIGNANE. Les grands hôpitaux à proximité et Lisa a régulièrement des rendez-vous de contrôle.


Lisa piscine (elle s’entraîne sérieusement pour les jeux paralympiques de 2016...)


Lisa a besoin d'intimité

La famille MORAGA veut rester à CARRY LE ROUET mais le manque d’espace commence tangiblement à se faire ressentir. Aussi un matin d’avril 2012 Stéphane a l’idée de pousser les murs. Et depuis il monte patiemment son dossier pour réaliser ce projet. Il souhaite transformer le local à vélo qui se trouve en bout de son appartement, en chambre sanitaire entièrement adaptée.
Le quotidien actuel devient compliqué. Lisa a besoin d’un espace d’intimité pour se sonder, se doucher et se déplacer dans une chambre spécialement aménagée.
La gendarmerie par le biais du Commandant de groupement a convaincu le propriétaire de la caserne, le conseil général, du bien fondé de la demande.
Depuis une semaine Stéphane sait que son projet est accepté. Il lui reste à le financer, 40 000 euros à trouver et depuis il se démène pour les trouver.
MDPH, UNEO, CNG, CNMSS, il sollicite tout les organismes qui peuvent l'aider. A ce jour aucun engagement financier n’est arrivé. Il espère, sait-on jamais, que le propriétaire va se positionner…
Tout le monde attend, chacun aimerait savoir ce que l’autre va donner, au final il n’y a pas grand-chose qui bouge pour l’instant mais Stéphane va y arriver.
« La vie c’est comme faire du vélo, si on n'avance pas, on tombe ! » Albert Einstein

Le mot de Stéphane

J’ai connu votre association par le biais de Jean-Hubert MEY et sa petite Mélissa. Il est d’ailleurs de très bons conseils pour notre famille.
La gendarmerie s’occupe plutôt bien de nous. Mon encadrement est très compréhensif et j’ai toutes latitudes pour adapter mon service quand la situation l’exige.

Moralement nous nous en sortons pas mal même si certains épisodes de la vie quotidienne sont durs à supporter (incontinence urinaire et fécale), les crises de la petite, les angoisses et la peur de l’avenir, les nombreux rendez-vous médicaux. Lisa suit aussi des séances de kiné 3 fois par semaine. Le projet d'agrandissement dont j'ai parlé ci-avant, facilitera l’autonomie de Lisa et rendra plus confortable sa vie dans le logement. La caserne appartenant au conseil général des Bouches du Rhône, nous espérons un geste de leur part...