Le soutien de sa famille contre la leucémie

photo Richard Stanik


Bonjour

Je me présente STANIK Richard, retraité de la Gendarmerie. Je suis marié avec Annie, employé de vente et je suis papa d’un garçon Dimitri, âgé actuellement de 18 ans et d’une fille, Natacha, âgée de 14 ans.

J’ai quitté la Gendarmerie début novembre 2005 pour prendre ma retraite anticipée pour pouvoir profiter de mes enfants et plus particulièrement de Dimitri.

La raison est toute simple, mon fils était soigné pour une leucémie.

Cette maladie a été découverte le 24 août 2004. Dimitri était soigné pour ce que l’on croyait être une rhino-pharyngite. Dans la semaine du 19 au 24.08.2004, son état s’empirant, quintes de toux, amaigrissement, manque d’appétit, le samedi nous avons consulté le médecin. Sa tension étant très faible, une prise de sang lui a été faite et les flacons ont été immédiatement portés aux laboratoires d’analyses. A midi, le médecin nous appelait et nous annonçait  que le sang de Dimitri comportait un  taux impressionnant de globules blancs, que nous devions l’emmener en urgence à l’hôpital Saint Jacques de Besançon au service hématologie, que le service compétent était prévenu et que le médecin nous attendait.

Nous pensions au vu du taux de globules blancs que cela pouvait être une leucémie mais nous ne voulions pas y croire.

Dés notre arrivée à l’hôpital, tous les examens ont été faits sur Dimitri et là, nous prenions une énorme gifle dans la figure. Il s’agissait effectivement d’une leucémie.
Etant trop faible pour être opéré dans l’immédiat pour la pose d’un cathéter, la chimio lui a été faite par perfusion. Les poumons et la rate étaient atteints.
  
Dimitri a été opéré le vendredi 30 août pour la pose du cathéter et tout a été facilité.

Dimitri a pris sa maladie avec courage. Quand le médecin lui a annoncé sa maladie et la gravité, il lui a répondu que tout ce qui lui importait était de guérir.
 
Le traitement a pu continuer par cathéter et non plus par perfusion.

Ne voulant laisser notre fils seul à l’hôpital et en accord avec mon épouse, il a été décidé que je resterais avec mon fils à l’hôpital.

Le Commandant de compagnie a donné son accord pour que je mette en maladie de manière à être avec mon fils.

La vie a continué comme ça pendant 5 mois,  trajets journaliers de 200 km aller-retour, soucis, frais, vie de couple, etc.…..

Dimitri lors de l’une de ses premières permissions de sorties
Dimitri lors de l’une de ses premières permissions de sorties

Dimitri, lors du séjour en milieu hospitalier a eu droit a quelques semaines de sorties pour revenir au domicile mais ces sorties étaient assorties de prises de sang dont les résultats étaient communiquées directement à l’hôpital. Donc il arrivait souvent que ces « permissions de sorties » se soldaient par un retour immédiat à l’hôpital pour une transfusion de sang ou de plaquettes. Mais Dimitri gardait le moral mis à part  une fois : retour le 31.12.2005 pour une transfusion et nous avons passé, mon épouse et moi-même, nouvel an à l’hôpital avec lui.

Début février 2005, alors que Dimitri était à la maison en permission de sortie, le médecin de l’hôpital nous ont appelé pour nous annoncer qu’il fallait ramener Dimitri à l’hôpital, des cellules cancéreuses ayant été trouvées dans la moelle épinière même avec le traitement en cours.

Dimitri pendant les séances de chimio
Dimitri pendant les séances de chimio

De retour à l’hôpital, une deuxième gifle nous a été donnée. Malgré le traitement, Dimitri allait droit à la rechute et la greffe était inévitable.

Des examens ont été pratiqués sur sa sœur, âgée de 11 ans. Le miracle a eu lieu. Elle était compatible à 100%.
Nouveau parcours du combattant pour cette greffe : Président du TGI de Lure, réunion d’experts à NANCY avec la présence de Natacha afin de vérifier que nous ne la forcions pas à donner sa moelle.
Une fois tous ces tracas résolus, Natacha a été hospitalisée le 23 mars pour une durée de 5 jours pour un prélèvement de moelle osseuse.

Le 17 mars 2005, Dimitri a été placé en chambre stérile, a subi de la chimio et des rayons, tous les jours, jusqu’au moment de la greffe, avec tous les inconvénients que cela comporte.

Le 26 mars 2005, la greffe a eu lieu. Le « séjour » a duré un mois. Dimitri a supporté toutes ces épreuves avec courage.
De nouveau le temps de l’hospitalisation, je suis resté avec lui.

De retour à la maison, les prises de sang ont continué pour vérification. Il a refait un petit séjour pour se faire enlever le cathéter.

Dimitri et sa sœur Natacha
Dimitri et sa sœur Natacha

Ayant appris beaucoup de choses sur la vie pendant la maladie de Dimitri, j’ai pris une retraite anticipée pour pouvoir profiter au mieux de mes enfants. Cela a engendré beaucoup de soucis financiers mais la vie d’un enfant n’a pas de prix et tous les sacrifices doivent être faits pour qu’ils soient au mieux et qu’ils se sentent aimés.

Actuellement Dimitri mène une vie normale, a des loisirs comme tous les jeunes de 18 ans, est apprenti vendeur dans un magasin de sport, il chante dans un groupe de Hard Core. Il fait abstraction de sa maladie. Il subit des visites semestrielles à l’hôpital à BESANCON. Il y a parfois quelques angoisses lorsque Dimitri tombe malade mais il est là, avec nous.

Je voudrais dire à tous les parents et aux enfants confrontés à ces maladies de tenir le coup, garder le moral et l’espoir de la guérison, de ne pas se laisser abattre même si parfois, c’est très dur mais je crois que la vie en vaut la peine surtout avec le sourire de votre enfant.

La petite famille réunie en décembre 2006 : Dimitri, Natacha, Annie, moi-même et notre chien  d’avalanche Phoebee.
La petite famille réunie en décembre 2006 :
Dimitri, Natacha, Annie, moi-même et notre chien d’avalanche Phoebee.

 

contact par courriel : stanik@wanadoo.fr