A propos d'Aloys

LA TERRIBLE CHUTE D'ALOYS

Le 7 décembre 2013, accompagnés leurs trois garçons et de leur fille, Sylvain et Astrid MERLY se sont rendus à Paris à l'occasion d'une réunion familiale et d'un baptême prévu le lendemain.
En début de soirée, excepté Wulfran, leur second fils, et Sylvain, tout le monde était dans l'appartement où ils devaient dîner avant de rejoindre l'hôtel où ils avaient réservé pour la nuit.
Au moment où Sylvain s'apprêtait à monter les premières marches de l'escalier, toujours accompagné de son deuxième fils, il a vu Aloys son troisième fils, âgé de huit ans, impacter le sol, après avoir fait une chute de cinq étages.

Evacué vers l'hôpital Necker

Ayant compris que son père et son frère allaient monter, il s'est vraisemblablement penché au-dessus de la rambarde pour les apercevoir et a basculé dans le puits de la cage d'escalier avant de toucher le sol, dans la cour intérieur de l'immeuble où ils se trouvaient.
Rapidement arrivés sur les lieux, les pompiers puis le SAMU ont pris Aloys en charge et l'ont évacué vers l'hôpital Necker.
Au vu de la violence de la chute et du traumatisme crânien subis, des multiples fractures occasionnées, le premier diagnostic des médecins est tombé comme un couperet : "les 72 prochaines heures seront décisives, son pronostic vital est évidemment engagé".
C'est dans l'angoisse que la famille MERLY a passé ces 72 heures critiques.
Opéré le 8 décembre dans l'après-midi afin de poser une dérivation permettant de faire baisser la pression intracrânienne qui ne cessait d'augmenter, Aloys a franchi un premier cap. L'opération a fonctionné.

Un réveil long et douloureux

Plongé dans un coma artificiel pendant plus de dix jours, les médecins ont pris la décision de retirer progressivement les substances qui le maintenaient dans cet état.
Le « réveil » a été long et douloureux. Aloys a passé près de deux mois et demi dans le service de réanimation neurochirurgicale de l'hôpital Necker puis en soins intensifs.
Sevré de la respiration artificielle, les médecins ont déterminé qu'il pouvait être transporté à l'hôpital de Saint-Maurice (94) pour commencer une rééducation adaptée.
Depuis, Aloys progresse, autant que son état le permet. Il est réalimenté par voie normale depuis le mois de juillet, prononce quelques rares mots distinctement mais sait se faire comprendre. Il est parfaitement en phase avec le monde extérieur et ses facultés intellectuelles ne semblent pas altérées.
En revanche, en raison des lésions neurologiques subies, Aloys est tétraplégique, entièrement dépendant ; il éprouve d'énormes difficultés pour s'exprimer, coordonner ses mouvements, boire...etc

Deux excellentes nouvelles

Tout d’abord, Aloys n’est plus alimenté par gastrostomie depuis une petite semaine (en dehors de l’hydratation complémentaire). Concrètement, il s’alimente par voie "normale" avec des ingrédients mixés, salés et sucrés quatre fois par jour (en comptant le goûter). La dernière étape consistera à lui faire ingérer l’eau et les liquides en général, par voie normale également. Ce n’est plus qu’une question de temps !
La deuxième bonne nouvelle, c'est qu'Aloys est parti pour le Pays Basque, avec sa maman et son frère aîné. Au terme du combat et des multiples tracasseries qu’il a fallu surmonter, la prise en charge d’Aloys dans un centre spécialisé du Sud-Ouest a été effective à compter du 3 juillet pour trois semaines. Le centre étant fermé au mois d’août, Aloys passera la fin de ses vacances chez ses grands-parents maternels où de récents aménagements et travaux permettront son installation dans de bonnes conditions. Les professionnels de santé viendront donc à domicile pour l’aider à poursuivre sa rééducation durant cette dernière période.
Les deux grands frères d'Aloys et sa petite sœur sont pour lui un repère sûr, un  réconfort et une aide irremplaçables dans le combat qu'il mène. Mais il y a encore tant à faire !
Les vacances sont déjà terminées pour Sylvain qui a repris le travail lundi mais ces trois semaines au Pays Basque, en dépit d’une météo parfois capricieuse furent salutaires pour tout le monde.
Aloys a été extrêmement bien accueilli dans le centre qui avait accepté de le prendre en charge.
Il a ainsi poursuivi sa rééducation dans de très bonnes conditions sous la férule des professionnels de santé, sur place.
Le fait de s’alimenter par voie normale est désormais acquis et Aloys a pu goûter de nouveau à tout ce qu’il aimait (ou presque).
Le travail effectué par l’orthophoniste, dans la continuité de ce qui avait été entrepris à Saint-Maurice permet à Aloys de prononcer les mots « maman » et « non », ce qui constitue un progrès très encourageant pour l’avenir, du moins Sylvain et Astrid l’espèrent.
Le centre étant fermé le week-end, Aloys était transporté chez les parents d’Astrid dont la maison avait été aménagée en conséquence. Au milieu de ses frères et sœur, entouré de ses parents, grands-parents, oncle, tante, cousine, il a renoué pour la première fois depuis le 7 décembre avec un environnement familial, en a profité pour se tremper dans la piscine, jouer avec ses frères.

Aloys a passé quinze jours complets de vacances en famille

Du lundi au vendredi, les membres de la famille se sont relayés pour rendre visite au petit bonhomme afin que ses parents puissent se consacrer à leurs trois autres enfants, tout en prenant le répit et le repos nécessaires après une année qui les a évidemment bien éprouvé.
Le centre étant fermé tout le mois d’août, c’est quinze jours complets qu'Aloys passera en famille avant de rejoindre Saint-Maurice. Deux semaines qui s’annoncent bénéfiques pour lui mais certainement très éprouvantes pour Astrid et les grands-parents, même si un kinésithérapeute et un infirmier viendront tous les jours pour les assister.
Enfin, Aloys s’est rendu à Lourdes au début du mois de juillet, entouré de ses parents, de son frère Wulfran, de son cousin André et de sa cousine Capucine.

Déjà la rentrée…

Après quelques semaines passées dans le Sud-Ouest (non sans tracasseries administratives), Aloys a repris sa rééducation fin août à Saint-Maurice.
A ce jour, aucun médecin ne s'est aventuré à se prononcer sur les capacités de récupération neurologiques et motrices d'Aloys. Ses parents vivent au jour le jour, au rythme des progrès timides (mais concrets) d'Aloys, aidé en cela par leur foi, une forme d'abandon et de grande espérance en l'avenir.
Le retour à Saint-Maurice s’est déroulé dans d’excellentes conditions. Ses parents l’appréhendaient, après ces vacances "dépaysantes" et le bain de famille dont a bénéficié Aloys. En définitive, il s’est immédiatement réadapté à son environnement, retrouvant des visages d’enfants connus et le personnel soignant, qui n’avait pas changé durant l’été !
Les professionnels de santé ont évidemment noté les progrès encourageants enregistrés par Aloys, confirmés durant l’été; plus spécialement pour ce qui relève de l’alimentation (où seule l’eau reste le point bloquant pouvant générer des fausses routes) et la diction.
En revanche du point de vue moteur (bras gauche toujours très spastique, jambes bougeant mais manquant de coordination, difficultés à tenir son tronc, équilibre), la tâche reste immense.
Puisqu’ Aloys  semble particulièrement disposé à reparler, son orthophoniste accélère la cadence afin de profiter à plein de cette "fenêtre". Les mots tomate, pantalon et quelques autres, même prononcés avec difficulté, sont de nouveau dans son répertoire. 
Dans le registre des complications, Aloys a eu à plusieurs reprises cet été des fractures spontanées au niveau du bras et du poignet gauche. Des analyses ont montré qu’une décalcification (alliée à une immobilité relative) était à l’origine de cette fragilité. Un traitement assez lourd devrait lui être administré, en dehors de Saint-Maurice, à raison de trois jours tous les trois mois. Affaire à suivre…

Des progrès encourageants

Aloys réalise des progrès encourageants dans le domaine de l’élocution. Il s’exprime de mieux en mieux. Le vocabulaire est bien choisi, ses interventions sont pertinentes et la communication en est facilitée. Le fait de parler reste pour lui synonyme de concentration et d’effort mais nous nous comprenons de mieux en mieux. Nous retrouvons, encore un peu plus, notre Aloys d’avant l’accident.
Sa présence à la maison le week-end nous oblige à vivre pour lui, à son rythme, et ce n’est pas un mal.
Afin de limiter sa décalcification, génératrice de fragilités au niveau des os, Aloys passera trois jours à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre du 13 au 15 octobre où il recevra un traitement adapté mais qui ne sera pas neutre.
Le 29 septembre, une réunion associant tous les professionnels qui suivent Aloys a eu lieu, afin de déterminer les orientations qui seront données à sa rééducation pour les mois à venir.
Son séjour au Kremlin-Bicêtre s’est bien déroulé, même s’il a été un peu plus long que prévu. On lui a administré des produits qui favoriseront la calcification des membres qu’il a encore du mal à mobiliser. Pas de nouvelles fractures à déplorer depuis fin août.
Les conclusions du bilan du 29 septembre ont été livrées aux parents par le médecin référent d’Aloys. Les professionnels de santé sont satisfaits des derniers progrès accomplis, notamment dans le domaine de la communication. Un IRM effectué mi-octobre montre que les lésions cérébrales visibles d’Aloys continuent de se résorber normalement. Pas de complication donc de ce côté-là (à ce stade en tout cas). Il poursuivra sa rééducation à Saint-Maurice selon le même programme (Kiné, orthophonie, ergothérapie…) et devrait rapidement bénéficier d’un cours d’une heure maximum par jour dispensé par une institutrice afin de ne pas perdre tout lien avec l’école et ses réjouissances !
L’ergothérapeute fait des essais réguliers pour qu’Aloys puisse se déplacer dans un fauteuil électrique, ce qui serait de nature à lui redonner un  peu d’autonomie. Les séances ont l’air de bien lui plaire.
Il poursuit ses efforts pour mieux parler, a atteint un excellent niveau de jeu au UNO (ce qui, accessoirement l’entraîne à effectuer des gestes plus précis en prenant les cartes) et apprécie toujours autant les week-ends à la maison, entouré de ses parents, frères et sœur, très attentifs à son bien-être.

Un bel élan de solidarité

Sylvain nous confie:"Nous n'aurions pu nous consacrer à l'essentiel dans cette terrible épreuve sans la bienveillance de la gendarmerie en tant qu'institution. Cette aide concrète s'est traduite par une mutation anticipée en région parisienne (étant titulaire d'un commandement en Savoie au moment de l'accident), la mise à disposition d'un logement adapté, des travaux qu'il a fallu réaliser pour pouvoir accueillir Aloys les week-ends chez nous, le soutien de mes chefs, de l'Accompagnement du Personnel, de la Fondation Maison de la Gendarmerie, des hommes et des femmes que j'ai eu l'honneur de commander trop peu de temps à Albertville."
"Enfin, l'association Gendarmes de Cœur, par l'intermédiaire de Michel SCAT nous a apporté une aide substantielle, au cours d'une cérémonie (simple mais émouvante) qui s'est déroulée dans les murs de la Direction Générale. Au-delà du geste, il y a un travail formidable qui est réalisé par l’association, en lien étroit avec l'institution, pour venir en aide aux familles touchées de plein fouet par des accidents dramatiques ou la maladie.
Nous leur en sommes infiniment reconnaissants et avons été extrêmement touchés par cet élan de solidarité qui nous a permis de franchir déjà d'importantes étapes sur ce difficile parcours".

Article Chef d'Escadron Sylvain MERLY
 

Un blog est consacré à Aloys pouraloys.wordpress.com C'était pour nous le moyen le plus pratique de donner des nouvelles de son évolution. Dès que nous le jugeons nécessaire, nous postons des articles, au fil des progrès et des étapes franchies.