Relations entre frères

Mon mari a su décrire le parcours d'Alexandre, moi, j'aimerais vous parler de l'aîné de nos deux enfants : William. Avec toutes les difficultés qu'apportent l'autisme au quotidien nous ne pouvons pas faire de sorties en famille. Car il est très difficile pour Alexandre de supporter les lieux publics : les bruits, la foule, les lumières... Tout semble l'agresser, le plonger dans un état de mal être.

C'est pourquoi nous nous organisons afin que William partage de bons moments avec nous. En fonction des loisirs, l'un des deux parents accompagne William (restaurant avec Papa, shopping avec Maman) pendant que l'autre s'occupe d'Alexandre. Il n'est pas facile d'empêcher une certaine jalousie pour notre aîné car Alexandre demande beaucoup de temps, d'énergie et de patience. Il n'est pas autonome du tout (habillage, repas, toilette, propreté...). Je ne travaille pas pour m'occuper de nos deux garçons, mais il est difficile d'accorder le même temps à chacun.

De plus, je ne m'habitue pas aux réflexions qu'on ne manque jamais de me faire concernant le comportement d'Alexandre (chez le médecin par exemple), aux regards lourds de reproches qui me sont lancés. Je ne tiens pas à ce que William les subisse, lui aussi. C'est pour cette raison, notamment, que nous avons inscrit William dans une nouvelle école cette année. Là personne ne connaît son frère (il était scolarisé à côté de l'école d'Alexandre et souffrait des remarques blessantes de ses camarades de classe vis à vis de son petit frère).

Depuis septembre, Alexandre est à l'I.M.E. jusqu'à 13h30 et cela nous permet d'avoir notre «  Loulou » avec nous à chaque déjeuner. Chacun de nous apprécie ces moments de complicité entre « grands ». Des instants privilégiés que nous n'avions que trop rarement jusqu'à présent. La pathologie d'Alexandre n'est pas un sujet tabou, et nous expliquons à William chacune de nos démarches. Il peut nous poser toutes les questions qu'il veut. Il comprend ainsi le temps que nous passons pour chaque rendez-vous ou pour emplir des dossiers interminables. Nous avons beaucoup de chance, car il a une maturité d'esprit immense pour un enfant de 9 ans.

Il est primordial d'avoir des moments de complicité avec William, il reste l'aîné, il grandit et comprend notre situation, la différence entre notre famille et une famille classique. William a développé patience, compréhension et générosité. Il aime son petit frère comme il est, et joue avec lui avec une infinie tendresse. Il n'hésite pas à partager ses affaires et passe beaucoup de temps avec lui. Nous mesurons l'importance et la richesse de tout ce qu'ils s' apportent mutuellement.

Je tenais vraiment à vous parler de William, notre « loulou », car nous sommes très fiers de lui, de ce qu'il est en tant que personne et de tout ce qu'il nous offre au quotidien.