AUTISME EN FRANCE

La découverte de l’autisme est relativement récente; elle remonte à 1943. Au départ, on a pensé que l’autisme était la conséquence d’une mauvaise relation parents/enfants : les parents étaient soupçonnés d'être la cause du désordre de leur enfant. C’est l’approche psycho dynamique (ou psychogénique) élaborée entre autres par Bruno BETTELHEIM. Mais dans les années 80-90, grâce aux progrès de l’imagerie cérébrale, l’autisme a clairement été identifié par les scientifiques comme un trouble d’origine organique causé par une anomalie cérébrale inconnue.

Avant ces découvertes scientifiques, face à l’inefficacité criante de l’approche psycho dynamique qui, au lieu d’aider les enfants autistes, semblait favoriser la fréquence et l'intensité de leurs comportements anormaux, différents traitements éducatifs spécifiques sont apparus dans les pays anglo-saxons. Ils ont contribué à nettement diminuer les symptômes de l'autisme et à permettre progressivement aux personnes autistes d’être intégrées dans la société.

Mais en France, les psychiatres et pédopsychiatres ont continué à défendre l’approche psycho dynamique de l’autisme, prônant notamment des cures analytiques et l’orientation des personnes autistes dans des établissements fermés, sans prise en charge éducative spécifique. Avec toujours des conséquences dramatiques pour les personnes autistes et leurs familles.

En novembre 2003, la France a été condamnée par le Comité européen des droits sociaux pour le non respect de ses obligations éducatives à l'égard des personnes autistes, telles qu'elles sont définies par la Charte sociale européenne.

En 2008 le Comité Consultatif National d'Éthique (CCNE) saisi en juillet 2005 par Autistes Sans Frontières et 3 autres associations de parents épingle la France sur la situation « dramatique » des personnes autistes et leur entourage. Il n’hésite pas à parler de « maltraitance » : lacunes de moyens et d’équipements, droit à la scolarisation fictif, non accès effectif à différents autres droits ont été dénoncés.

Le CCNE propose ainsi pas moins de 10 recommandations pour offrir un diagnostic plus fiable et précoce, une prise en charge éducative et adaptée, un accompagnement des familles, des structures spécialisées, une formation des professionnels...

Entre 350 000 et 600 000 personnes souffrent d'un syndrome autistique. Malgré une succession de rapports, de recommandations, de circulaires et de lois depuis plus de 10 ans, le défaut de prise en charge des enfants et des adultes souffrant d'autisme demeure considérable en France. En outre, la situation de la plupart des familles confrontées à cette réalité est particulièrement préoccupante.

En conclusion, l'avis du CCNE estime que « une société incapable de reconnaître la dignité et la souffrance de la personne, enfant, adolescent ou adulte, la plus vulnérable et la plus démunie, et qui la retranche de la collectivité en raison même de son extrême vulnérabilité, est une société qui perd son humanité »